Technicien réalisant une vérification électrique sur une installation professionnelle

Rapport Q18 : quelle différence avec une vérification électrique réglementaire ?

Une installation électrique professionnelle peut faire l’objet de plusieurs contrôles, dont les objectifs ne sont pas identiques. Parmi eux, le compte rendu Q18 est souvent confondu avec la vérification électrique réglementaire. Pourtant, ces deux démarches répondent à des logiques différentes et peuvent se compléter.

La vérification réglementaire contrôle la conformité et la sécurité

La vérification réglementaire vise d’abord la sécurité des travailleurs et la conformité de l’installation. Le Code du travail impose à l’employeur de maintenir les installations électriques conformes, d’en assurer la surveillance et la maintenance, mais aussi de les faire vérifier. Ces vérifications interviennent notamment lors de la mise en service, après certaines modifications et périodiquement. Elles permettent de contrôler l’installation au regard des exigences réglementaires applicables et d’identifier les défectuosités susceptibles de compromettre la sécurité. Les résultats et les éventuels travaux réalisés pour corriger les anomalies doivent être consignés et conservés.

Le Q18 cible le risque d’incendie ou d’explosion

Le Q18 répond à un autre objectif : identifier les dangers d’incendie ou d’explosion que peuvent présenter les installations électriques. Le référentiel APSAD D18 du CNPP, dont une nouvelle édition a été publiée en avril 2026, précise que cette mission est complémentaire des vérifications réglementaires. À l’issue de la vérification, un compte rendu Q18 synthétise la situation du site en signalant l’absence ou la présence de dangers liés à l’installation électrique. Il ne constitue donc pas simplement une autre version du rapport réglementaire. Le Q18 relève principalement d’une démarche de prévention des dommages aux biens et peut notamment être demandé dans le cadre d’un contrat d’assurance. Il convient alors de vérifier les exigences précises prévues par l’assureur, notamment concernant la périodicité ou les modalités de réalisation.

Deux démarches complémentaires

Une vérification réglementaire et un Q18 peuvent être réalisés à l’occasion d’une même intervention lorsque les conditions nécessaires sont réunies, mais les documents remis et les finalités restent distincts. Le rapport réglementaire aide l’employeur à identifier les écarts concernant la sécurité électrique et à organiser leur correction. Le compte rendu Q18 apporte, lui, une lecture spécifiquement orientée vers le risque d’incendie ou d’explosion.

Recevoir l’un de ces documents ne dispense donc pas automatiquement de l’autre lorsqu’ils sont tous deux requis. Dans tous les cas, le contrôle ne constitue qu’une étape : les anomalies et dangers signalés doivent être analysés, priorisés puis corrigés. Conserver les rapports et suivre les actions réalisées permet enfin de démontrer dans le temps que les observations ont bien été prises en compte. Cette distinction aide aussi à mieux comprendre la portée de chaque document.

Cet article est une contribution libre rédigée par un auteur partenaire et non par la société elle-même.

À propos de Sophie Delmas

Sophie Delmas décrypte les réglementations et obligations auxquelles sont confrontés les professionnels et les entreprises. Certification, conformité, prévention des risques, contrôles et évaluations figurent parmi les thématiques qu'elle traite régulièrement. Ses contenus visent à rendre plus lisibles des cadres réglementaires parfois complexes.